Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 07:35
 

 


Le Légix et une poignée de soldats de Dieu avaient miraculeusement survécu au massacre et se repliaient, les goules aux talons. Ralentit par les blessés et à court de munitions le petit groupe glissait inexorablement vers l'issue fatale,à ce rythme pas un seul des membres de l'expédition ne sortirait vivant des égouts. Maitresses du terrain, les abominables créatures à la soif de sang inexpugnable se ruaient vers les derniers humains encore en vie, leurs bouches déformées dégoulinantes d'une bave acide. Les premiers rangs, sacrifiés aux murs de balles, s'entassaient en des charniers de chairs purulentes piétinées par la suite de la horde. Le major Plix lança ses dernières grenades. Sous l'onde de choc une partie de l'infrastructure s'écroula, des blocs de pierre et des plaques de cuivre écrasèrent des dizaines de goules dans des projections de liquides et d'humeurs corrompus. Mais il en surgissait toujours autant...

Cette course contre la mort épuisait le moral déjà très bas des quatre soldats suspendus aux communications des survivants relayées par les hauts parleurs de la radio.

Une ombre se profila dans leurs dos.


- excusez moi...

Pris au dépourvu les quatre militaires se figèrent d'effroi puis se retournèrent, surpris d'avoir été piégés aussi facilement.

Un homme habillé à la mode victorienne se tenait assis sur des caisses de matériel, les deux mains gantées d'un velours rouge jointes sur le pommeau de sa canne d'apparat. Grand et sec il portait un chapeau haut de forme gris et de petites lunettes de soleil rondes et violettes. Son veston noir descendait jusqu'à ses longues jambes recouvertes d'un pantalon en toile de la même couleur dont les chaussures, crottées par la boue, témoignaient de son passage en forêt. Sa peau, très pâle, ne rassura pas les soldats de Dieu sur la nature particulière de ce visiteur qui avait réussi a déjouer les systèmes d'alarme et a tromper leur vigilance. L'inconnu ôta ses lunettes avec délicatesse et les rangea dans une poche intérieure de son veston. Ses deux yeux sombres brillaient d'une flamme inquiétante.

Sentant l'affrontement inévitable le plus expérimenté des soldats amena lentement sa main sur la crosse de son pistolet automatique.

  • Ignorant la menace et tout en continuant de les fixer de son regard malveillant l'homme fit glisser sa langue le long de ses gencives et l'arrêta au niveau des molaires supérieures. Il y porta un doigt et frotta l'interstice avec l'ongle pour y chasser les impuretés.

    Aussi vif que l'éclair le soldat de Dieu dégaina son arme tandis que ses comparses se jetèrent sur leurs fusils d'assaut laissés à portée de main. En une fraction de seconde l'homme débloqua le pommeau de sa canne et fit jaillir une lame aussi fine que pointue qu'il lança sur le soldat dont, au même moment, le doigt pressait la détente. Le coup parti. La balle de 9 millimètres siffla et vint effleurer la joue droite de l'inconnu sur laquelle apparut une légère entaille. Elle ne saignait pas.

    Transpercé de l'œil gauche jusqu'au lobe pariétal le tireur s'effondra lourdement au pieds de ses camarades, qui désormais armés, s'apprêtaient à faire feu sur l'assassin.

    Mais son corps se flouta instantanément et il disparu.

  • Ne bougez pas hurla l'un des soldats. Alex tu disposes d'une signalante non?

    Le plus jeune d'entre eux hochât la tête tandis qu'il balayait nerveusement les alentours avec le canon de son arme.

  • Balances en une ! Vite !

    Alex obéit et décrocha de sa ceinture une grenade cylindrique qu'il décapsula et jeta. Une fumée verte s' en échappa et vint noyer les lieux d'une une brume opaque à l'odeur de cire. Les soldats, attentifs au moindre mouvement, distinguèrent alors une forme humaine à moins de trois mètres de leur position. Elle rampait contre le sol avec une grâce de félin et se dirigeait droit sur eux armée des plus mauvaises intentions.

  • Feu!

    Les fusils d'assaut crachèrent leurs salves mortelles. Des mottes de terre giclèrent dans les airs et les caisses de matériel touchées par les balles perdues volèrent en éclats. Une lueur orangée frétilla tout autour de la forme soudainement immobilisée par ce déluge d'acier. Les projectiles au lieu de cribler la créature s'écrasaient contre un mur invisible et tombaient en autant de billes de métal encore fumantes. Elle se redressa, intacte, et brandit un bras au poing serré. Un rayon incandescent en jaillit et percuta de plein fouet l'un des trois tireurs. L'impact fut tel que son corps se disloqua dans un craquement sinistre; une brume pourpre accompagnée de morceaux de boyaux vint recouvrir les uniformes jusque là immaculés de ses partenaires horrifiés. La partie supérieure du tronc du soldat n'existait plus. Les épaules et la tête avaient été vaporisés et il ne demeurait du valeureux que ses jambes avec un reste de bas ventre dans lequel se perdaient des filaments d'artères déchiquetées et des bouillies d'organes liquéfiés.

    Aux portes de la folie les soldats de Dieu lâchèrent leurs armes et prirent la fuite chacun de son côté; la solidarité avait abandonné sa place au primitif besoin de survie.

    Alex fut plaqué au sol avec une violence inouïe. Le choc coupa sa respiration et brisa plusieurs de ses côtes dans un concert de douleurs A moitié assommé, les membres comprimés par un poids considérable, il sentit des mains puissantes courir le long de son dos et empoigner sa tête comme un trophée.

  • Alors on n'aime pas ma compagnie? souffla la créature tout près de son oreille contre laquelle coulait un liquide chaud et humide. Malgré son état le militaire pu sentir son haleine fétide.

  • Qui êtes vous ? Parvint il à prononcer la bouche en sang.

    Il ne put entendre la réponse. Sa tête fut arrachée d'un coup sec avec une partie de moelle épinière.

  • Je suis les renforts promis répondit le démon au cadavre décapité. Et j'ai besoin d'âmes fraiches.




 

Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Autres Mondes... - Par Marc Page
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 07:36
 

Accablés par le désespoir et concentrés à entendre le dernier souffle de la force d'expédition les soldats de Dieu ne s'étaient pas rendu compte que dans leurs dos une des balises d'alerte- intrusion s'était mise à clignoter. Juste au dessus les images des caméras de surveillances placées en périphérie des deux entrées d'égout se floutèrent les unes après les autres et n'affichèrent plus que des parasites neigeux.


On venait de pénétrer la zone.



 

Les yeux noirs de l'ange déchu passèrent en revue la salle du trône rendue déserte par le départ des goules. L'orgueil de Tanarbrak et la fièvre des combats à venir avaient eu le dessus sur les règles élémentaires de sécurité, ne jamais laisser un démon sans surveillance. Une erreur dont Glikar allait tirer profit pour mener à bien sa périlleuse mission: prévenir les siens de l'émergence d'un nouveau et imparable danger. La Milice Céleste semblaient avoir conçu une entité hybride, un ennemi caméléon capable de se confondre parmi les démons pour mieux les anéantir de l'intérieur. Jusqu'à présent les anges et les démons se reconnaissaient mutuellement grâce à leurs auras mais avec des adversaires drapés d'une fausse apparence, impossible à détecter, les clans seraient décimés avant de pouvoir bouger le moindre petit doigt.

Problème de taille pour Glikar, celui ci ne les fréquentait plus depuis les prémisses de l'humanité. Désigné comme un paria inutile car il préférait côtoyer les faibles humains au lieu de profiter de ses pouvoirs pour les asservir à sa guise, ce mode de vie jugé indigne de sa nature et contraire aux préceptes fondamentaux de la La Via Demonis avait provoqué la colère des siens et son exclusion définitive. Les Légions Infernales regorgeaient de démons avides de châtier ce traitre à la cause, certains le traquaient à travers le vaste monde telle une meute de chiens de chasse enragée lancée aux trousses d'un condamné en fuite. Renouer avec une fratrie hostile n'était donc pas sans risques et à ce jeu périlleux s'ajoutait les complications liées à ces vautours qu'étaient les anges et leurs troupes humaines.

Incompris, renié et pourchassé, ce vagabond immortel aux allures de vieillard ayant traversé les siècles et les civilisations ne cherchait pourtant qu'à légitimer les raisons de la Rébellion.

Le Grand Créateur avait voulu l'Homme à son image. Or comment cet être mortel, soumis aux passions pouvait il être l'image de la nature incorruptible, pure et éternelle? A vivre près des humains depuis si longtemps le démon avait relevé autant de démonstrations de haine que d'amour et autant de gestes de courage que de lâcheté. Certes leur art touchait parfois du doigt le divin mais cela n'en faisait pas des créatures parfaites. Le plus beau et intelligent des anges, Samael le « porteur de lumière », avait refusé de se prosterner face cette pâle imitation de Dieu jugée inférieure et grossière. En effet cela n'équivalait il pas à se soumettre à des dieux inférieurs ou à de fausses divinités ? Cette réaction d'orgueil et de vanité entraina la terrible Guerre Céleste puis la Chute du révolté. Beaucoup, dont Glikar, le suivirent dans sa disgrâce. Dieu , omniscient, avait il prévu cette réaction et la scission des anges ? Le démon restait persuadé que la réponse se trouvait dans l'âme humaine.

Le démon chassa le poison de son corps et retrouva instantanément sa motricité. La puanteur dans la caverne était extrême, combinaison d'odeurs de chairs décomposées et de relans d' égouts. D'un air gracile Glikar se déplaça vers un premier boyau. Celui ci renvoyait les bruits de la bataille toute proche, cris de goules contre explosions assourdissantes. Elles étaient trop occupées à chasser l'envahisseur pour songer à leur prisonnier infernal. Pour l'instant...Il s'y engouffra sans perdre une seconde. Une multitude d'objets emmagasinés dans un total désordre encombrait le passage, à croire que Tanarbrak avait rassemblé ici tout ce qu'il avait pu voler aux hommes pendant les siècles passés. Des objets modernes côtoyaient des vieilleries, d'autres en or ou en argent brillaient au milieu des tas rouillés et crasseux. Ce n'était ni leur valeur ni leur utilité qui importaient aux yeux du roi des goules. C'était autre chose de symbolique : ils constituaient des reliques, des biens mystiques. En s' appropriant les objets créés par les hommes Tanarbrak espérait peut être en capturer l'essence divine à l'image d'un sorcier dévorant les cœurs de ses ennemis sacrifiés pour s'accaparer leur puissance. N'était ce pas Dieu qui avait engendré la race humaine? Dans sa logique ses objets étaient donc indirectement l'émanation du Tout Puissant. Glikar ne sut réprimer un minuscule sourire face à cette construction intellectuelle. Engendrées par l' Archi Démon Kanaroth,Prince de la neuvième légion, pour contre carrer la suprématie des armées angéliques les goules servaient dans les légions infernales depuis les débuts de la Lutte. Les plus méritantes, dont Tanarbrak, obtinrent de leurs maîtres une forme de droit à l'émancipation communément appelée Pacte. L'ancien serviteur était libre à condition de continuer de combattre les anges. Au lieu de rester à l'ombre Tanarbrak avait savamment appliqué l'adage « l'union fait la force » pour rassembler les différents clans de goule sous sa férule. Mais son ambition dévorante de vouloir ressembler aux hommes avait fait perdre de vue sa condition primitive, chose que Glikar se réservait de lui rappeler avec toute la délicatesse requise. Il soupçonnait ce dernier d'entretenir une relation étroite avec certains clans. De rang inférieur les goules ne pouvaient pas traiter d'égal à égal avec la geste des démons; elles étaient contraintes de passer par un intermédiaire.

L'identifier c'était entrer en contact avec les siens.

Des tableaux aux dimensions diverses avaient été accrochés le long des parois et donnaient à la cavité des allures de musée de fortune. Aux yeux du démon ces représentations primitives n'étaient que des gribouillages répugnants aux lignes pâteuses et grossières. Les couleurs employées par l'artiste fou , principalement composées de noir et de pourpre- un rouge aux teintes et à l'odeur du sang-, n'exprimaient que perversité et extrême violence. L'extrémité du pinceau glissant sur la toile aurait pu être celle d'une lame découpant un humain encore en vie. Répugnants, ces tableaux sur lesquels l'horreur avait été couchée démontraient à quel point les goules étaient viles et bestiales. Glikar s'en détourna et reprit sa route. Le tunnel déboucha sur une petite pièce meublée d'étagères remplies de vieux ouvrages. Quelque part la dedans devait se trouver le nom du mystérieux contact.

La lueur caractéristique d'une aura attira son attention.

- Tu en as mis du temps s'exclama une voix grave sortie des ombres.


 

Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Autres Mondes... - Par Marc Page
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Angelium ou Les anges déchus

  • La saga angelium où l'histoire des anges déchus
  • : Suivez les aventures de Gabriel Charon dans ce roman fantastique mi en ligne régulièrement. Assassiné mystérieusement en plein Paris celui ci se voit interdire l'accès aux Portes du Paradis. Renvoyé sur Terre il va se retrouver mêlé à la Guerre Divine opposant les Anges à leurs anciens frères déchus, les Démons. Mais qui est il réelement? Action et occultisme sont au coeur de se roman épique.
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