Samedi 7 novembre 2009
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Un déclic. Glikar n'avait pas besoin de l'entendre pour en comprendre la nature. Sa vision étendue momentanément à 360 degré permettait de couvrir ses arrières le
temps d'en finir avec le misérable coincé sous son pied. Un autre imbécile venait de se distinguer de la masse d'humains regroupés à bonne distance de la boutique et s'avançait d'un pas hésitant
en le pointant de son arme ridicule. Il faisait piètre impression. Encore un jeunot se dit Glikar, déçu qu'on envoie de pauvres lapins directement conduits à l'abattoir. Son dos se durcit d'une
peau noire et épaisse, cela arrêterait sans difficulté les balles de ce type de calibre, non qu'il craignait qu'on lui tire dessus mais plutôt qu' un geste brusque amène le malheureux à faire des
bêtises. En moins de temps que le battement d'aile d'un oiseau Glikar assomma Rodion d'un uppercut et se déplaça juste derrière son renfort de fortune. Il n'eut aucune peine à se saisir du
pistolet et à soulever son porteur, léger comme une feuille. Ses pieds fouaillaient l'air à quelques centimètres du sol, tel un pantin désarticulé soumis à l'observation d'un créateur de jouet.
Glikar hésitait entre écrabouiller sa tête ou le laisser en vie. Trop de monde était rassemblé pour se voir offrir un spectacle de tripes et de sang. Il privilégia donc la seconde option. L'homme
s'étant évanoui, le démon le lâcha, il tomba lourdement sur le trottoir. Glikar avait d'autres préoccupations que le sort de deux humains.
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Par Monroman
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Mardi 10 novembre 2009
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19:06
Une énergie surprenante coulait dans les veines violacées de Vincent. Malgré sa foulée soutenue il ne ressentait aucune once de fatigue et ses muscles paraissaient
aussi frais que jamais. A ses trousses les policiers peinaient à le rattraper, en partie à cause du flux de passants et aussi en raison de leurs faiblesses physiques. Ainsi l'occasion de les
semer définitivement grandissait à chaque mètre supplémentaire franchit. En dehors des prouesses de son corps, ses sens semblaient également étendus à des niveaux jamais atteints. Un flot de
données sensorielles le submergeait à l'excès. Sa vision dilatée lui permettait de détailler chaque personne ou objet quelque soit la distance; son odorat surdéveloppé recueillait les moindres
odeurs et un large éventail de traces chimiques et olfactives en suspension dans l'air; les sons et les bruits, même imperceptibles, n'avaient plus de secret pour son ouïe extrêmement fine.
Emporté par cet euphorie Vincent essaya de tester sa force, il fit un bon prodigieux avant de retomber sur ses deux jambes quelques mètres plus loin. Exalté par ces capacités fantastiques
l'adolescent ressentit un besoin d'exercer cette nouvelle puissance. Il sauta encore et encore, piqua des sprints à une vitesse vertigineuse. En quelques bons il fut sur le toit d'un immeuble,
sous ses yeux se déroulait l'avenue des Champs Elysées. Un monde s'offrait à lui, un monde remplit de faibles et d'impuissants. Non, vraiment, il n'appartenait plus à cette race se dit il avec un
regard de prédateur. Vincent rit à gorge déployée à l'idée de son humanité perdue. Une main l'arracha à sa contemplation.
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Par Monroman
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