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Foutue goule, tu mérite bien ton surnom ! vociféra Glikar tandis que Tanarbrak, indifférent à la colère hurlée du démon, quittait les lieux avec cinq autres membres de sa race comme garde rapprochée.
L'initiative de l'ingénieux et prévenant maitre des goules l'avait prit de court et fonctionnait à merveille: pas un de ses muscles ne parvenait à se défaire de la paralysie générale frappant son corps. Cependant cette situation était loin d'inquiéter le démon. Une ruse aussi ridicule ne pouvait compromettre ses plans. D'autres goules demeuraient sagement embusquées dans les recoins sombres de l'usine pour surveiller le moindre de ses faits et gestes, il fallait donc continuer à jouer le rôle du « démon pétrifié », un personnage qui convenait à Glikar.
Dans ce jeu de dupes Tanarbrak avait commis plusieurs erreurs liés à son orgueil démesuré. Penser un seul instant que du sang de prêtre suffisait à le maintenir paralysé relevait d'une croyance très ancienne mais infondée. Dissiper le poison- celui ci ou un autre- de ses veines ne représentait aucune difficulté et massacrer les goules à la ronde prendrait moins de temps qu'un battement de paupière. Il n'était même pas obligé de se déplacer. Son esprit, intact, toujours aussi puissant,pouvait lancer des attaques psychiques d'envergure ou ciblées. Trop confiant en son piètre périmètre de sécurité Tanarbrak avait jugé bon de l'immobiliser au centre de l'usine, à une certaine distance de ses goeliers, en pensant ainsi les rendre intouchables à ses assauts. C'était une lourde faute d'appréciation. Les démons n'étaient pas comparables aux soldats humains armés de fusils d'assauts ou de lance missiles. Les pouvoirs mentaux de Glikar frappaient loin, très loin, bien au delà du périmètre de l'usine s'il le désirait. Mais il fallait attendre... Il était d'abord primordial que les goules envoyées par Tanarbrak mettent la main sur ce sans nom. C'était le seul moyen dont il disposait pour balayer ses doutes. Qui était il justement ? Cette question taraudait l'esprit du démon depuis le début de son intervention. Inspectée, son aura, très faible, se révélait mi humaine mi démoniaque. Inconcevable. Un démon ne pouvait être humain et vice versa. D'un autre côté pas un seul être humain n'aurait pu courir si vite et escalader un immeuble aussi rapidement sans l'aide de pouvoirs surnaturels. Ajouter à cela le fait de braver le codex aussi impunément trahissait soit une profonde méconnaissance de ses articles soit un mépris délibéré. Pas un démon, même le plus vil, n'aurait agit de la sorte. Était ce un serviteur ou un familier ? Possible bien que très surprenant, les familiers et les serviteurs évitant en général d'agir sur leur propre initiative et en dehors de la présence de leur maitre. Était ce là un subterfuge ? En dernière extrémité Glikar supposait l'émergence d' une nouvelle génération de soldats ennemis, un être humain modifié, doté de pouvoirs, capable non seulement de se faire passer pour eux mais aussi de les combattre. De quoi faire pencher inéluctablement la balance vers les forces angéliques. Tiraillé entre deux positions, celle de la neutralité et celle du devoir, Glikar avait du faire un choix cornélien. Il devait accomplir son rôle de frère, prévenir les siens, mais sans avoir à se révéler. Problème de taille :la seule manière de le faire passait par la salle du trône du roi des goules et le démon était d'avis que celui ci ne le laisserait pas faire.
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