Avant tout se cacher. Telle était la première préoccupation de Vincent. Il venait d'abandonner les lieux et le camion de la morgue pour s'engouffrer à grande enjambées dans la première rue qu'il trouva sur sa route. Problème, à cet endroit de Paris toutes les rue étaient larges et très fréquentées par les touristes, pas l'idéal pour passer incognito et celle qu'il avait choisit n'échappait pas à la règle. Des sirènes de véhicules de police raisonnaient de toute part, des passants avaient du prévenir les forces de l'ordre de la présence d'un individu plus que suspect. Lancées à ses trousses tout n'était plus qu'une question de minutes avant qu'elles ne lui tombent dessus Le soleil, boule rouge dans un ciel de dégradé mauve, se couchait et jetait progressivement sur la capitale son manteau de ténèbres. La vision de Vincent s'ajusta et malgré l'obscurité grandissante il voyait comme en plein jour. Un atout majeur dans cette course poursuite. Il regarda dans son dos: le gyrophares, de plus en plus nombreux, pullulaient. La situation se présentait mal. Pas de recoins où se cacher et aucune direction de fuite possible. Alors il opta pour la seule solution qu'il jugea potable pour une personne prise de court et devant prendre une décision dans l'urgence: traverser la foule qui empruntait l'avenue des Champs Elysées et remonter vers l'Arc de Triomphe. L' encombrement de cette voie de circulation bloquerait les accès aux voitures de police ; contraints , les hommes en bleus n'auraient pas d'autre choix que de continuer leur poursuite à pieds. Un gain de temps non négligeable. Ensuite intervenaient dans son plan les passants et les touristes. Il y aurait des cris, des hurlements et de l'agitation mais la multiplicité de ses corps en mouvement offrirait une parfaite série d'obstacles pour entraver leur approche. Vincent accéléra sa foulée, conscient de l'importance du moment. Pour la première fois depuis le début de cette catastrophe il se sentait maitre de la situation.