Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 14:26
 

Une main glacée saisit le bras gauche de Jack et s'y agrippa solidement tel un étau industriel tandis qu'une douleur fulgurante vrilla les nerfs de son épaule et se propagea tel un torrent de feu le long de sa colonne vertébrale. De minuscules points verts et rouges scintillèrent dans ses yeux rendus aveugles par l'obscurité. Pétrifié d'effroi il hurla, un long cri de terreur et de souffrance conjuguées qui se répercuta à l'infini le long des parois de cuivre crasseuses. Un liquide chaud et visqueux serpenta le long de son bras tétanisé et gagna sa main. La panique s'empara de son cœur, le sang battait à ses tempes. Il n'eut pas le temps de réagir, pour peu qu'il en fut capable. Un formidable coup de poing l'atteignit au plexus solaire expulsant le reste d'air contenu dans ses poumons , l'intensité de l'impact le propulsa dans les eaux saumâtres où flottaient toutes sortes de détritus et des morceaux organiques. Jack bu la tasse. Écœurant, le liquide corrompu se faufila dans l'œsophage puis se déversa tel une cascade de jus noir et épais dans son estomac vide. L'envie de vomir comprima ses tripes avec violence. Des doigts fourchus attrapèrent la masse informe de ses longs cheveux et tirèrent dessus avec une vigueur surhumaine pour l'extraire de l'eau croupie. Chacune des milliers de racines composant son cuir chevelu se transforma en autant d' aiguilles de souffrance incandescente atteignant les moindres recoins de son cerveau. Cette couche de peau, déformée à l'extrême, fut à deux doigts de céder sa place aux os de la boite craniène. Soulevé comme un vulgaire lapin tenu par les oreilles, les voies respiratoires à nouveau submergées par l'air vicié et fétide, Jack éructa des relents de purulence. Les fluides infectés logés dans son estomac refluèrent par saccades jusque dans sa bouche et jaillirent. Il ne voyait toujours rien sauf les signes de souffrances imprimés par les nerfs optiques sur ses pupilles dilatées par la peur. Tout son corps vibrait sous la douleur insoutenable; son épaule, à vif, le brulait affreusement. Le puisant était devenu misérable. Il pleura, cria de désespoir et implora pitié contre son agresseur invisible. Un rire assassin fut sa seule réponse.

 

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 2 - Communauté : Romans en ligne
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