Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 15:46
 

Le bruit de combats éloignés parvinrent aux oreilles de Karxton. Soulagé de voir la bataille enfin commencer il desserra les mâchoires. Il était temps. L'attente, jugée trop longue depuis la mise en place de son dérisoire dispositif de défense, était devenue insupportable. A ses côtés se déployaient les sections d'assaut fraichement débarquées en compagnie du Légix. Épée en main et apparemment pas très rassuré de ce trouver là, l' homme qualifié par les rumeurs de bureaucrate carriériste n'inspirait pas confiance à Karxton. Le soldat attendait d'un Légix un véritable chef, sûr de lui et suffisamment courageux pour monter à l'assaut parmi les siens. Celui ci n'en avait pas la carrure. Vêtu d'un uniforme trop grand pour lui, il donnait des ordres mais sa voix manquait d'assurance et son regard de conviction. Son état major sauvait tant bien que mal les apparences en multipliant les instructions et les encouragements mais aucun des instigateurs de ce plan « merveilleux » ne sortait du lot en tant que meneur d'hommes. Jusqu'au bout la troupe suivrait la ligne directrice, celle qui les conduisait droit dans le mur. Karxton aurait bien voulu quitter sa position pour s'adresser directement à lui et le mettre en garde mais le protocole l'interdisait. Il rongea son frein. De toute façon il était trop tard, les échanges radio indiquaient que les goules attaquaient en force les sectors Salomon et Thémistocle. Leur magistrale puissance de feu était en mesure d'en massacrer une bonne partie mais ils ne disposaient pas de ressources illimitées pour terminer le boulot. Eux oui.

Un gigantesque bourdonnement fit vibrer les installations souterraines et l'eau s'agita anormalement. Avant même que les soldats de Dieu ne réalisent le danger, des torrents d' eaux boueuses jaillirent des tunnels tel de minis tsunamis et balayèrent tout sur leur passage. Hommes et matériels se retrouvèrent totalement submergés par des murs d'eaux polluées et furent ballotés par la force des courants comme des pantins désarticulés. Les casques de vision et autres fournitures électroniques, non étanches, se court- circuitèrent. Si le métabolisme modifié des soldats de Dieu leur permettait de rester en apnée pendant plusieurs minutes, il ne leur offrait pas le luxe de voir en pleine obscurité.

Or d'autres formes s'agitaient dans les profondeurs fangeuses...

 

Par Marc Page - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : ecrivains en herbe
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