Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 11:16
 
  • aidez moi vous autre rugit une voix au milieu de détonations d'armes automatiques.

Une poignée de soldats étaient parvenus à gagner la partie surélevée d'un tunnel épargné par la déferlante des eaux. De cette position ils tiraient sur les goules s'aventurant en surface et essayaient de sauver un maximum de leurs camarades.

  • Ça va ? Demanda le soldat en essuyant l'eau sur son visage blafard.

    Bon, secoué, vomit.

    Le soldat lui tapota l'épaule en guise de réconfort.

  • T'inquiète pas mon vieux. Ça va aller. Tu es de quelle unité?

    L'uniforme du Légix, recouvert de boue et de déchets, était non identifiable. Bon releva la tête et observa son sauveur. Un homme de stature imposante au visage rude et aux cheveux roux coupés ras. Faute de temps Bon n'avait pas pu mémoriser tous les noms et les visages.

  • Je...

    Dans ce vacarme d'armes à feu l'homme restait penché sur lui et pendu à ses lèvres. Des douilles vides tombaient tout autour d'eux.

  • Je suis Laurent Bon réussit il à dire entre deux rafales assourdissantes.

    En disant cela le Légix s'attendait à voir passer dans les yeux du soldat un voile de haine contre ce supérieur qui les avait condamné à une fin infamante et à être rejeté à l'eau sans autre forme de procès. Après tout ne méritait il pas de mourir dévoré comme les autres?

    Mais à sa grande surprise le soldat le salua avec respect.

  • Content que vous soyez en vie Légix. Je suis le major Plix hurla t il à ses oreilles. Ne restons pas près du bord voulez vous ajouta t il en l'aidant à se relever. Il arrive que les goules sautent de temps à autre et elles sont de méchante humeur. Venez avec moi.

    Bon jeta un œil à la boucherie dont il venait de réchapper. A la surface du bassin rouge et bouillonnant de violence flottaient ici et là des morceaux de corps non identifiables. Quelques uns de ses soldats tentaient de se rapprocher des bords à grands mouvements de bras mais ils étaient vite rattrapés et engloutis par des nuées de goules. D'autres hurlaient à n'en plus finir soit de douleur soit de peur de mourir, un concert de lamentations qui labourait les tripes. Le Légix se détourna de cette vision d'horreur mais son ouïe, malgré le bruit des tirs d'armes automatiques, continuait de le harceler avec ces sons effroyables . Le major le guida dans le tunnel éclairé par des petits disques projetant une lumière verte. Une forte odeur de sang envahit ses narines. Des blessés étaient alignés le long des parois auprès desquels s'affairaient deux infirmiers. La plupart étaient salement touchés. Bon tomba en admiration face à ce militaire. Il avait réussit avec brillo à préserver une partie de la force d'expédition et à secourir les blessés. Voilà un homme qui méritait surement son grade. Plix lui tendit une gourde et deux cachets.

  • Avalez ça, cette eau est contaminée et il vaut mieux désinfecter.

    Bon s'exécuta. Les pilules lui brulèrent l'estomac.

  • Je faisais partie de la seconde escouade de reconnaissance continua le major. Nous avions l'ordre de tenir notre position mais quand nous avons entendu le barouf et les cris sur les ondes nous avons rapidement rappliqué. Les goules vont ont prit par surprise. Une chance que les eaux ne soient pas montées aussi haut, cela nous laisse une voie de repli. Un miracle!

    Heureusement pour Bon ce militaire n'était pas du genre casse coup et envisageait les choses avec

    recul et réalisme. Le mot « repli » s'associait avec celui de « survie », il convenait donc parfaitement aux souhaits du Légix.

  • Combien sommes nous?

  • En tout seize hommes valides dont une radio, deux soignants et une vingtaine de blessés. Je suggère de quitter les lieux au plus vite. Les munitions commencent à manquer et les goules seront bientôt capables de nous déborder par le nombre. Je propose de laisser cinq hommes sur place pour couvrir nos arrières. Les autres aideront au transport des blessés.

    Le Légix hocha la tête, signe que Plix prit pour une validation.

  • Ansel ! beugla t il.

    Un soldat de Dieu rappliqua et se mit au garde à vous devant Bon et le major.

  • Je vous charge de veiller sur notre Légix ordonna t il. Vous y répondrez!

  • A vos ordres !

  • Et les sectors ? S'enquit Bon.

    Les deux soldats se regardèrent puis glissèrent lentement leurs yeux sur le Légix.

  • Vous n'êtes pas au courant ? Murmura Plix.

  • Non. Au courant de quoi ?

  • Ils ont été détruis par les goules annonça le vétéran en se passant une main sur le visage.


Envahit par la fatalité et le défaitisme, Bon ne doutait plus de leur fin prochaine.


 

Par Marc Page - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Autres Mondes...
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