Chapitre 4

Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 12:16
 

Le soldat Ansel tira en rafale ses dernières cartouches dans un fracas retentissant. Une pluie de douilles fumantes tomba sur le sol jonché de détritus tandis que les flammes sorties du canon de son arme éclairèrent sporadiquement les dizaines de goules se rapprochant de lui. Le tunnel emplit de fumée grouillait de ces saloperies rampantes et il en venait toujours plus, comme si elles se multipliaient à l'infini. Ansel balança son pistolet automatique au chargeur vide et dégaina son couteau, une longue lame recourbée encore vierge du sang ennemi sur laquelle était gravée la croix du christ. Privé de son système de vision nocturne perdu lors de la débâcle générale le soldat devait combattre à l'aveuglette. Un exercice auquel il n'était pas entrainé et qui le précipiterait vers la fin de son existence. Dans quelques instants le soldat de Dieu serait submergé par des goules déchainées mais Ansel n'avait pas peur de mourir, le Paradis l'accueillerai en héros.


  • approchez mes belles hurla il de toutes ses forces en ayant conscience qu'il s'agissait de ses dernières paroles, j'ai plusieurs aller simples pour l'enfer et je compte bien vous en faire profiter au tarif de groupe.

     





Cinquante mètres plus loin courrait Bon, ses rangers croutées soulevant des flaques de fange sur son uniforme souillé et taché de sang. Il se sentait sale, plus sale que les centaines litres de merde accumulés dans les égouts et dans lesquels il s'embourbait par endroits jusqu'à la taille. Un lâche, voilà ce qu'il était réellement. Un pleutre incapable de sacrifier sa vie pour la Juste Cause et dont le déshonneur jetait l'opprobre sur son prestigieux grade. Au lieu de se battre épée à la main il fuyait droit devant tandis que ses frères soldats crevaient les ventres déchiquetés par des mâchoires voraces. Un hurlement à faire frémir un tortionnaire gagna ses oreilles. Ansel, le dernier membre de sa garde rapprochée venait de tomber à son tour.

Il était l'unique survivant, encore fallait il qu'il parvienne à s'échapper de ce bourbier.

Comment un plan aussi parfait avait il pu échouer ?


Tout avait pourtant bien commencé...

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Romans en ligne
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 12:17
 
  • unité Alpha en mouvement annonça le soldat de Dieu Karxton en progressant l'arme pointée vers les abysses méphitiques.

    Équipé de lunettes infra rouges et à vision nocturne il voyait dans la galerie comme en plein jour, rassuré de ne pas risquer de tomber sur des goules embusquées. Dans son dos le reste de sa section d'éclaireurs suivait, un long serpent formé par une colonne d'hommes silencieux et concentrés. Les égouts représentaient un environnement de combat inhabituel et défavorable pour ce militaire d'expérience: ces longs et étroits boyaux entremêlés sans recoins pour se mettre à couvert ou se replier offraient un parfait avantage aux goules. Ils pataugeaient dans une puanteur infecte à la limite du soutenable depuis près de quarante minutes sans avoir pu rencontrer l'ennemi, à part quelques rats dont certains étaient plus gros que des petits chiens domestiques. Leur mission était de trouver un point de jonction assez large pour le consolider en un axe défensif: une tête de pont destinée à accueillir les sections d'assaut une fois la zone sécurisée. Dans un boyau parallèle une seconde unité d'éclaireurs dirigée par le major Plix, une veille connaissance, évoluait également avec les mêmes objectifs. L'état major avait opté pour une double infiltration et il ne contredisait pas ce choix en tant que militaire rompu à obéir aux ordres. Néanmoins ce vétéran de la guerre du Golfe ne pouvait s'empêcher de penser que ce plan, si soigneusement préparé fut il, comportait des failles regrettables. Leurs flancs étaient dangereusement exposés en cas d'attaques combinées et ils ne laissaient pas de sentinelles le long de leur progression pour protéger leurs arrières. Les goules, peut être cachées dans les tunnels perpendiculaires, pouvaient très bien les laisser passer pour se repositionner ensuite à l'endroit de leur passage, coupant ainsi tout espoir de retraite. Certes il y avait les sectors Salomon et Thémistocle en amont, avec leurs capteurs actifs les androïdes étaient censé détecter la moindre présence hostile, mais le militaire ne faisait confiance qu'à ses instincts et non aux processeurs de machines assemblées dans un laboratoire par des techniciens ignorant tout de l'art de la guerre. En 1994, lors de la « désinfection » d'une grotte remplie de zombies, lui et ses hommes avaient failli y rester à cause de la défaillance d'un drone de reconnaissance. Une erreur de systèmes d'après les techniciens. Eux étaient en vie pour le dire...pas ses frères d'armes encerclés par une masse compacte de morts vivants jaillis d'une zone soit disant vérifiée par le robot. Lents, mous et désorganisés les zombies n'étaient pas des adversaires de taille face au professionnalisme rigoureux des soldats de Dieu. Et malgré leur nombre écrasant ils furent massacrés jusqu'au dernier. Les goules, elles, seraient une autre paire de manche. Rapides, intelligentes, expertes dans le combat au corps à corps, elles avaient en outre l'avantage du terrain. Au point que Karxton du étouffer l'enthousiasme partagé par des jeunes recrues persuadées d'une victoire facile et rapide.

    Or il ne fallait jamais sous estimer un adversaire, quelque soit sa nature.

    - unité alpha répondit la voix du QG dans son oreillette. Vous approchez du secteur B2-0-7. Zone dégagée. Elle est assez large pour installer vos défenses. Exécution.

    - reçu rétorqua Karxton.

    Les mots « zone de défense » claquaient sur le papier de l'état major mais paraissaient en réalité dérisoires au regard des moyens déployés sur le terrain. Son groupe ne disposait que de deux mitrailleuses avec des munitions limitées; un sniper dont l'efficacité dans ces boyaux était aussi inutile qu'un char coincé dans un trou; un lance flamme qui risquait à la première flamme de les carboniser et deux infirmiers chargés, sans civière, d'évacuer les blessés graves. Une utopie...

    Il passa sur le canal de communication de groupe et ordonna à contre cœur le déploiement. Le secteur nommé sur les cartes B2-0-7 était en fait une salle d'une vingtaine de mètres carrés où sept tunnels recouverts d'une multitude de tuyaux rouillés se rejoignaient pour y déverser leurs flots d' immondices. L'eau croupie montait au dessus des chevilles et chaque pas faisait remonter en surface de larges tâches saumâtres et nauséabondes provenant de la souillure accumulée dans le fond . Un lieu idéal pour se défendre ironisa mentalement Karxton en mettant son fusil d'assaut en bandoulière. Vu l'étroite configuration des lieux il opta pour une formation simple et basique mais qui c'était toujours montrée efficace au cours des batailles: exposer l'adversaire à un feu nourrit et soutenu sans omettre de protéger ses flancs et ses arrières. Une espèce de hérisson de balles. Les mitrailleuses ,montées sur trépieds, furent placées aux angles de façon à couvrir les six entrées de tunnels. Leur feux croisés décimeraient les rangs ennemis. Il plaça le lance flamme au dos de son unité avec ses deux bidons d'essence de réserve. Incapable de repousser une attaque sur le long terme à cause de sa grande consommation de combustible, cette arme était suffisante pour tenir un moment les goules en respect. Restait le tireur d'élite. Un dilemme. Karxton le connaissait assez pour ressentir et comprendre sa frustration: son fusil à lunette, terreur des grands espaces, resterait ici muet. Comment viser dans des galeries tortueuses et insondables? C'était chose impossible dans ce royaume sans distances. Le sniper devenait de facto un soldat de base qu'il mit en assistance du lance flamme. Ils ne seraient pas trop de deux en cas de coup dur.

    Une fois ses hommes en place le silence s'installa, ponctué par le cliquetis des goutes d'eau tombant du plafond. Si des goules se trouvaient là dedans elles étaient foutrement bien cachées.

  • Unité Alpha en position déclara Karxton en resserrant l'étreinte sur la poignée de son arme. Secteur calme...pour l'instant ajouta t il persuadé que les choses n'allaient pas en rester là.

  • Reçu unité Alpha. Bêta est aussi en place avec deux minutes d'avances sur vous...

    J'en ai rien à branler de tes minutes songea Karxton.

  • ...Les sectors n'indiquent aucune présence ennemie dans les parages continua la voix morne du QG. Nous envoyons les sections d'assaut, soyez prêts à les recevoir.

  • OK.

Karxton leva une main et serra le poing. Ses hommes armèrent les fusils et les mitrailleuses, prêts à tirer au moindre mouvement suspect. Vu le temps qu'ils avaient mis à atteindre le secteur B2-0-7, les sections d'assauts marchant à un rythme régulier devraient être sur place dans moins de trente minutes. L'attente serait courte. Mais ce n'est pas ce qui inquiétait le militaire. S'il était Tanarbrak il privilégierait l'effet de surprise et attendrait que les humains aient suffisamment pénétré le réseau de tunnels pour lancer ses attaques. Son unité disposait donc d'un petit répit qu'il mit à contribution pour se détendre un peu. Il chassa la sueur accumulée sur son front d'un revers de manche. La température grimpait de minute en minute, comme s'ils s'étaient approchés du centre de la terre, et à ce rythme les rations d'eau distribuées dans les gourdes allaient vite être englouties par des gosiers asséchés. La soif, le pire des adversaires. Un soldat privé d'eau se démoralisait rapidement et par conséquent perdait en combativité. Karxton l'avait apprit à ses dépend dans le chaudron irakien et il ne souhaitait pas que cela se reproduise dans les égouts de Paris avec des hommes sous sa responsabilité. Sur le canal de groupe il ordonna à ses effectifs de boire avec raison et discernement, chaque goute comptait. Les eaux croupies, elles, ne manquaient pas et leur niveau augmentait à vue d'œil. Initialement à hauteur des chevilles elles touchaient à présent les genoux, ce qui réduisait d'autant la mobilité du groupe.

De mauvais signes annonciateurs d'une catastrophe imminente.


Non, il n'aurait pas le temps de se relaxer.

 

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Autres Mondes...
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 08:09
 

La masse argenté du sector nommé Salomon ondulait au milieu des eaux saumâtres, tel un poisson remontant un fleuve à contre courant. Les capteurs disséminés sur la surface de son corps recueillaient quantités d'informations diverses, qui après analyses, étaient retransmises en temps réel au quartier général. Fierté de ses concepteurs, son intelligence artificielle élevée lui permettait de répondre à nombre de situations et d'imprévus le rendant totalement autonome. L'androïde, parfaitement à son aise en milieu aquatique arriva dans une zone où l'eau était trop basse pour poursuivre à la nage. Le robot ralentit sa course et se redressa en déployant ses jambes et ses bras mécaniques à l'image d'un insecte géant libéré d'une interminable hibernation. L'eau corrompue dégoulina le long de ses membres d'acier ainsi que sur le tranchant de son épée. Seuls deux petits points rouges, fichés au somment de son crâne, trahissait sa présence dans ce noir absolu.

Une alerte le figea dans une immobilité parfaite. Ses radars signalaient un contact hostile juste devant lui, à moins de cinq mètres. Pour une intelligence artificielle rien ne pouvait arriver par hasard, tout était mathématiquement prévisible grâce aux analyses tirées des relevés de situation. L'effet de surprise était donc inconcevable. En théorie...Pourtant quelque chose se trouvait là où quelques secondes auparavant il n' avait rien détecté. Il zooma et activa l'ensemble de ses modes de vision. La forme était humanoïde, de taille moyenne et squelettique. Non armée elle dégageait des d'odeurs que les humains, ses concepteurs, qualifieraient de nauséabondes. Dans sa mémoire pré programmée cette description correspondait en tout point à la catégorie des goules, la première qu'il rencontrait en réel depuis sa sortie de laboratoire. Un angle de tir fut calculé en une fraction de seconde. Ses trois canons de 9 millimètres pointèrent la chose qui ne bougea pas et il fit feu.

Les trois projectiles traversèrent la cible et vinrent frapper la paroi de tunnel située derrière elle dans une gerbe d'étincelle. Les relevés effectués sur la structure organique de la goule ne relevèrent aucune blessure comme si les balles n'avaient eu aucun effet sur elle. Les sous programmes de Salomon activèrent alors des fonctions de combat supérieures réservées aux ennemis qui employaient des pouvoirs surnaturels et contre lesquels les armes traditionnelles étaient totalement inefficaces. Les milliers de processeurs composant son cerveau artificiel lancèrent une série d'ordres relayés par des fibres optiques de la taille d'un cheveu. Ses boucliers de dernière génération de classe trident se déployèrent autour de lui en un halo électrique bleuté tandis que la couleur de la lame de son épée, chauffée à blanc par un processus interne comparable à celui d'une forge artisanale, passa du rouge vif au jaune d'or. Son autre bras se rétracta jusqu'à la jointure du coude, les trois petits canons montés sur celui ci pivotèrent et fusionnèrent pour ne former qu'une seule mais large bouche à feu, un canon a plasma appelé foudre de Dieu.

La goule fit soudainement un bon sur son côté droit à une vitesse surprenante. Mais la machine, conçue pour des duels à haute vélocité, était aussi rapide qu'elle. Des calculs de l'ordre du dixième de seconde permirent d'anticiper la destination de la créature. Le sector fit cracher foudre de Dieu. Une boule incandescente jaillit de son bras dans un éclat de lumière aveuglante et alla percuter de plein fouet le torse de la goule. Celle ci fut littéralement pulvérisée en des milliers de fragments d'os réduits à l'état de miettes. Une épaisse fumée à l'odeur âcre envahit les lieux alors que des générateurs d'énergie situées en bas de son dos vibrèrent pour recharger l'arme jusqu'à son niveau optimum. Ses capteurs le prévinrent d'une seconde présence ennemie, celle ci se glissait dans son dos pour l'attaquer par surprise. Il fit pivoter son torse à cent quatre vingt degrés, l'épée brandie en avant. Trois rapides coups de lame tranchèrent le corps du monstre dans une odeur de chair carbonisée. Les pieds métalliques du robot supportant près de trois cent cinquante kilos achevèrent le travail en transformant les morceaux tombés au sol en bouillie; la tête de la goule figée dans un rictus sinistre explosa comme un fruit trop mur.

Vingt autres adversaires apparurent au même moment sur les radars de Salomon, ils convergeaient en grappe vers sa position à vive allure et n'allaient pas tarder à surgir face à lui. Une plaque située sur son épaule droite glissa laissant apparaître douze petites boules de métal lisse munies de micro pointes. Une d'entre elles décolla de son socle et fonça avec un bruit strident vers la meute galopante. A mi chemin elle éclata en de multiples billes explosives qui s'éparpillèrent sur le sol constituant ainsi un véritable tapis de petites mines. Les goules n'eurent pas le temps de les remarquer et marchèrent dessus. Une formidable déflagration embrasa la galerie et projeta dans tous les sens des membres déchiquetés et autres grumeaux organiques.

Les rapports de combats furent instantanément envoyés au QG. L'activité ennemie gagnait en intensité. Insensible, le sector opta pour avancer. Son rôle était de sécuriser un maximum de galeries pour favoriser la progression des troupes d'assaut vers le centre de la tanière de Tanarbrak. A peine avait il franchit quelques mètres qu'une seconde vague ennemie se matérialisa sur ses détecteurs. Cette fois ci les goules changeaient de tactique et optaient pour une attaque d'encerclement combinée: trois groupes distincts arrivant chacun par un boyaux différent. Utiliser à nouveau les mines risquerait cette fois de détruire une partie des tunnels déjà fragilisés par la précédente explosion. Foudre de Dieu en ferait autant. Restait l'épée...Les boyaux vomirent leurs lots de vermines. Elles se ruaient vers lui gueules ouvertes et ivres de se battre, tel des rats déchainés. Les servos moteurs de la machine se modifièrent pour donner , dans un temps limité, plus de plasticité à ses mouvements. Il s'élança tête baissée dans le tas grouillant de griffes et de crocs putrides. Son épée fit des ravages: elle trancha quantité de bras, de jambes, de têtes et de thorax. Les écumes corrompues giclaient par flots entiers et se vaporisaient au contact de ses boucliers électriques, le préservant ainsi de toute souillure. Les moulinets de sa lame devinrent un véritable hachoir et en moins d'une minute les restes d'une trentaine de goules gisaient à ses pieds dans une mare de sang infecte. Au lieu de prendre position et d'attendre un éventuel autre assaut Salomon accéléra l'allure. Au cours de sa progression il décela et détruisit des pièges meurtriers , évita les culs de sac assassins et autres malines illusions destinées à tromper les assaillants. Plus Salomon avançait plus les niveaux de la température et de l'eau augmentaient. Pour une machine amphibie cela ne posait aucune difficulté cependant il en serait autrement pour les forces humaines. Le sector transmit l'information sur le canal prioritaire et continua sa route. Il finit par trouver l'entrée d'une grotte éclairée par des torches fixées sur les parois. Le repaire. La première partie de sa mission touchait à sa fin et il s'arrêta: il devait attendre l'arrivée des sections d'assaut pour s'aventurer plus en amont. Sa tête pivota soudainement vers la cavité: une multitude d'ennemis approchait.

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Fantasy et science-fiction
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 14:32
 

Des fonds obscurs de la caverne émergea un bruit sourd, comme un roulement continu qui se répercutait sur les cavités rocheuses: celui de centaines de pieds foulant le sol dur. Les flammes des torches frétillèrent. Ce qui ne furent au début que des ombres mouvantes se définirent progressivement sou s la lumière des premières torches en des dizaines de goules. Elles marchaient en rang serrés avec leur chef,Tanarbrak, en tête. Celui ci portait pour l'occasion le haut d'un uniforme de maréchal du Premier Empire en piteux état, deux cimeterres pendaient aux côtés de ses hanches décharnées. Rapiécé, sale et troué ce vestige vestimentaire sans doute volé sur un cadavre de champ de bataille donnait à la goule une apparence de bouffon grotesque. Cependant l'étalage de ses forces invitait à ne pas rire de la situation. Il en sortait toujours autant à croire que les tréfonds de la grotte en produisait à la chaine. Des goules de tous les gabarits et de toutes les tailles. Certaines transportaient des couteaux, des fourches ou des haches, d'autres possédaient des griffes démesurément longues ou des dents aussi pointues que celles des requins.

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Gardiens des Mondes Fantasy
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 13:32
 

Salomon envoya ses micro mines recouvrir le sol terreux, arma Foudre de Dieu et agita son épée en signe de défit. Dans son dos émergea en silence un autre géant de métal identique, Thémistocle, le second sector de l'expédition. Il se plaça aux côtés de son clone de laboratoire et braqua ses armes. La lueur des flammes des torches dansaient sur leur peau argentée et se mélangeait à la couleur bleuté de leurs boucliers. Ils inter-changèrent leurs données et adoptèrent une tactique commune se résumant en deux mots: tout détruire.

Les foudre de Dieu hurlèrent. Les pelotes d'énergies expulsées illuminèrent les murs de la grotte le long de leur fulgurante progression et vinrent ravager les rangs serrés des goules en deux grandes trouées écarlates. Elles ne ralentirent point et comblèrent les vides. Le temps que leurs canons à plasma furent rechargés les deux robots basculèrent en mode de tir classique. Leurs six canons arrosèrent copieusement les goules de salves de mitrailles destructrices. Chaque munition dépensée faisait mouche, les balles doum-doum transperçaient les corps mous gorgés de liquides contaminés et les têtes valsaient sous les impacts en autant de geysers d'humeurs pestilentielles. Pourtant, malgré le saint massacre, elles étaient toujours aussi nombreuses et ne semblaient pas décidées à reculer. Moins de trente mètres les séparaient désormais des sectors, distance à laquelle les mines entraient en jeu. Elles éclatèrent les unes après les autres dans un fantastique feu d'artifice et de projections de chairs sanglantes. La puissance de ces explosifs concentrés réduisait les corps en des bouillies infâmes et éclaboussait les alentours d'écumes vertes et purulentes. Les murs de la cavité dégoulinaient de sang et de matières organiques viciées. Deux nouvelles volées de plasma tirées à bout portant réduisirent les premières rangées en fumée rougeâtre. Tanarbrak, (miraculeusement ? ) épargné par le déluge de balles et de projectiles énergétiques, poussa un terrible rugissement et leva les mains au ciel. Un disque noir prit naissance à la base de ce qui restait de ses paumes pendant que ses goules le dépassaient pour se précipiter sur les machines. Le corps à corps s'engagea à deux contre cent. Étonnement les goules se contentaient de frapper sans vigueur et beaucoup d'entre elles se laissaient abattre par les épées sans trop chercher à en esquiver les coups. Un ordinateur ne voyait là qu'une forme de combat parmi tant d'autre et, par ses calculs, œuvrait à massacrer le plus d'ennemis possible sans ce soucier du détail. Un soldat expérimenté aurait remarqué qu'il s'agissait là d'une manœuvre de diversion évidente...

Les systèmes d'alerte prévinrent les sectors d'un impact imminent. Le disque noir quitta les mains de son créateur et vint s'écraser aux pieds des machines. Un souffle d'énergie considérable souleva tout ce qui tenait debout dans un rayon de dix mètres. Robots et goules se retrouvèrent en l'air comme des feuilles soulevées par le vent. La puissance du choc pulvérisa les créatures en une pulpe rouge poudreuse et les armures électriques des sectors entrèrent en action pour leur éviter le même sort. Aux fins d' éviter que leurs circuits internes ne soient endommagés ils redéployèrent temporairement une partie de l'énergie consacrée aux protections dorsales pour renforcer les boucliers avants durement malmenés. Mais cela ne suffisait pas. Les processeurs durent piocher dans les stocks énergétiques du canon plasma.

 

Par Monroman - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : Autres Mondes...
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